L’électorat musulman, variable d’ajustement de LFI. Que faire ?
Lorsque j’ai regardé le programme des AMFiS 2026, ma première réaction a été de m’énerver.
L’islamophobie y a littéralement disparu comme objet politique. Aucun temps fort, aucune conférence, aucune formation ne lui est spécifiquement consacrée. Le mot même à disparu du programme.
Ce constat m’a heurtée d’autant plus violemment que je ne soutiens pas LFI par adhésion, encore moins par confiance. Je la tiens en joue autant que je la soutiens. Mon rapport à elle tient pour l’essentiel dans une nécessité stratégique : utiliser le véhicule institutionnel le moins hostile disponible pour tenir le déchainement de la violence institutionnelle à distance.
Chaque concession sur une question musulmane réactive une histoire déjà trop longue de renoncements, de calculs électoraux et de sacrifices consentis au nom d’un équilibre politique dont nous sommes, comme toujours, la variable d’ajustement
C’est depuis cette méfiance qu’il faut comprendre l’incompréhension suscitée par le texte d’Houria Bouteldja. Elle n’arrive pas de nulle part. Lorsqu’une population voit déjà ses revendications à la remorque, entendre qu’il faudrait suspendre l’exigence d’abrogation de la loi de 2004, ça touche immédiatement un nerf à vif. Or, si la réaction est compréhensible, elle ne constitue pas encore une stratégie viable.
C’est dans ce contexte que la proposition d’Houria Bouteldja de suspendre pour la séquence présidentielle de 2027, l’exigence adressée à LFI d’une promesse d’abrogation de la loi de 2004, dans son article Oser vaincre, oser lutter (et pas l’inverse), a provoqué une levée de boucliers massive mais prévisible.
Chez une partie des antiracistes, la réaction tient à cette colère légitime : encore une revendication sacrifiée sur l’autel du calcul électoral. Encore une concession faite à une gauche qui bénéficie déjà largement du vote musulman. Encore la promesse qu’il faudrait attendre le « bon moment » pour voir enfin reconnues des revendications repoussées depuis vingt ans.
Chez ses détracteurs de principe, on ne s’en étonne pas, l’accusation confine à l’outrance : Bouteldja aurait renoncé à l’autonomie décoloniale, capitulé devant LFI, transformé le soutien critique en allégeance.
En réalité, les critiques, qu’elles soient de mauvaise ou même de bonne foi, ratent toutes entièrement son objet.
Bouteldja ne propose ni de confier le destin politique des musulmans à LFI, ni de suspendre la construction d’une force autonome. Elle écrit exactement l’inverse. Pour elle, LFI ne suffira pas ; l’autonomie doit conserver la capacité d’agir « avec, contre et séparément » de la gauche institutionnelle. Son raisonnement porte sur une séquence particulière : quelques mois avant une présidentielle où une victoire de la gauche de rupture lui paraît possible, faut-il utiliser l’essentiel de notre énergie à contraindre cette gauche sur une revendication dont le coût électoral excède le gain politique immédiat ?
La question mérite davantage qu’une réponse de la bergère au berger.
Elle oblige à regarder le rapport de force là où il est.
La stratégie commence quand la réalité devient désagréable à regarder
Il faut abroger la loi de 2004. Le débat n’est pas là puisque Bouteldja le dit sans ambiguïté : elle considère son abrogation comme nécessaire. Son argument porte sur sa priorisation à court terme, pas sur sa légitimité. Elle constate que cette revendication ne structure aujourd’hui ni une mobilisation musulmane de masse ni une condition déterminante du vote musulman en faveur de LFI. Plus de vingt ans d’application et d’extensions tout azimut de cette loi, ont produit de la résignation, des stratégies de contournement, parfois une adaptation forcée.
Le calcul électoral qui en découle fait mal. Très mal. Mais examinons l’origine du mal, pas seulement la douleur.
Promettre l’abrogation de 2004 dans le programme de campagne mobiliserait peu d’électeurs musulmans supplémentaires : une part importante de ceux qui votent à gauche est déjà acquise à Mélenchon, tandis qu’une part considérable des musulmans demeure dans l’abstention et nourrit une défiance tenace envers les institutions et la gauche.
À l’autre extrémité du calcul se trouve l’électorat que LFI doit encore conquérir.
Bouteldja identifie précisément cet obstacle : les électeurs blancs indécis, urbains ou ruraux, y compris parmi les abstentionnistes, restent travaillés à des degrés divers par l’islamophobie, l’hostilité à la religion et les paniques autour de l’immigration postcoloniale, largement orchestré par l’ensemble de l’échiquier politique français. Les adversaires de LFI disposent ici d’une arme qui consiste à enfermer le mouvement dans l’image du « parti des Arabes » afin d’empêcher son élargissement.
L’équation en devient obscène par sa simplicité.
Le vote musulman est nécessaire à la victoire de LFI. Mais la défense trop visible de certaines revendications musulmanes peut, au-delà d’un certain seuil, lui coûter davantage de voix qu’elle ne lui en rapporte.
Voilà comment un électorat devient une variable d’ajustement. L’injustice de la situation ne change rien au calcul arithmétique.
On entend l’argument disant « Alors exigeons quelque chose en échange ». Autrement dit, si les musulmans acceptent de différer une revendication, ils doivent obtenir une contrepartie.
Sur le principe, l’idée est intéressante.
Le problème, c’est qu’elle se fracasse immédiatement contre la question de base : que peut-on réellement faire payer ? Une négociation suppose une capacité de nuisance qui ne se retournerait pas contre elle. Je renonce temporairement à X. En échange, tu m’accordes Y, parce que mon refus, mon retrait ou ma défection te coûterait davantage que Y. Le pouvoir de négociation ne vient jamais de la seule légitimité de la revendication. Il vient du coût du refus, pour l’une et l’autre des parties. C’est le principe numéro 1 de la négociation.
Or quelle menace électorale crédible les musulmans peuvent-ils aujourd’hui adresser à LFI ?
« Abrogez la loi de 2004 ou nous ne voterons pas pour vous » ?
Pour voter pour qui ? Ou laisser passer qui ? Pour une gauche plus hostile encore à nos revendications ? Pour s’abstenir au risque de faciliter la victoire d’un RN ou tout autre parti ayant placé les musulmans au centre de sa rhétorique raciste et fascisante ?
La contradiction est terrible parce qu’elle enferme l’électorat musulman dans une position de faiblesse. LFI a besoin de lui. Mais l’alternative à LFI lui est potentiellement beaucoup plus dangereuse qu’elle ne l’est pour LFI.
La menace de défection électorale perd donc une partie de sa crédibilité si tant est que l’objectif est d’obtenir le désserrement de l’étau islamophobe produit par les politiques publiques.
On peut appeler à « devoir créer un rapport de force ». Encore faut-il ne pas utiliser cette formule pour masquer l’absence du rapport de force en question.
Une partie de la levée de boucliers contre Bouteldja montre une limite politique plus profonde. La radicalité verbale ne fabrique aucune puissance.
Le refus de déroger à l’exigence adressée à LFI est présenté comme une preuve d’autonomie : nous ne céderons rien, nous contraindrons la gauche à nous entendre. Mais cette posture produit paradoxalement l’effet inverse. Elle place encore LFI au centre de notre destin politique. Si notre puissance se mesure principalement à notre capacité à obtenir de Mélenchon une promesse d’abrogation, alors LFI devient le lieu où se décide notre victoire ou notre défaite.
Or aucune construction politique indigène sérieuse n’a jamais été pensée sur ce modèle.
La gauche institutionnelle peut servir de véhicule. Elle peut ouvrir des espaces. Elle peut offrir des points d’appui, des municipalités, des moyens, des brèches dans le consensus racial.
Elle ne constitue ni notre horizon, ni notre infrastructure unique, ni notre garantie de survie politique. Bouteldja le dit d’ailleurs explicitement lorsqu’elle prend l’exemple de Saint-Denis : l’enjeu n’était pas de « confier notre destin » à LFI, mais de reconquérir des conditions matérielles permettant à la lutte de redevenir possible, notamment des espaces collectifs et surtout la levée de bâtons dans les roues du camp antiraciste politique.
Le piège institutionnel dont il nous faut sortir
Il existe même quelque chose de dangereux dans l’idée selon laquelle maintenir coûte que coûte l’exigence d’abrogation adressée à LFI constituerait la preuve ultime de notre existence politique.
Elle reconduit exactement l’imaginaire institutionnel dont une partie importante des musulmans s’est déjà détachée.
Beaucoup ne croient plus que leur salut viendra d’un candidat, d’un parti ou d’une alternance. L’abstention musulmane ne procède pas, comme on le dit vulgairement, d’un défaut de politisation. Elle est surtout nourrie par une longue expérience de promesses non tenues, de trahisons, d’instrumentalisation et de déplacements successifs des lignes rouges. La défiance envers la gauche est issue d’une longue histoire.
Réduire la question du rapport de force à ce que nous pouvons arracher à LFI revient alors à réintroduire, par la fenêtre, l’illusion institutionnelle que l’expérience politique a précisément détruite.
C’est ici que rejoint ce que j’ai décrit dans un article : Contre les récits illusoires, organiser le pessimisme. Organiser le pessimisme consiste à construire avec ce qui existe réellement et à cesser d’attendre ce qui n’existe pas. Nous ne disposons pas aujourd’hui d’une force politique suffisamment organisée pour rendre électoralement insoutenable le refus de l’abrogation de 2004.
Partons de là.
Faire comme si cette force existait ne la fera pas apparaître par magie. La méthode Coué n’a jamais fait ses preuves en politique, ni ailleurs, d’ailleurs.
Bouteldja ne demande pas d’abandonner cette revendication, ni l’autonomie en général. Ça, c’est le contresens le plus important produit par la polémique. Dans son texte, elle pose explicitement la question : faut-il suspendre nos luttes afin de ne pas gêner LFI ? Sa réponse est non.
Elle appelle au contraire à réhabiliter l’autonomie vis-à-vis de la gauche institutionnelle et parlementaire. Elle propose une division des tâches : aux forces autonomes de renforcer les mouvements antiracistes, pro-palestiniens, antifascistes, anti-répression et écologistes ; à LFI de conduire sa stratégie électorale pour la conquête du pouvoir. L’autonomie doit pouvoir préparer aussi bien le débordement d’un gouvernement LFI que la résistance à une victoire fasciste.
Voilà le point que ses détracteurs escamotent sans discernement. Suspendre temporairement une pression particulière sur LFI n’équivaut pas à suspendre la lutte. Ça permet de la déplacer là où elle produit davantage de puissance.
La puissance politique d’un groupe ne se mesure jamais seulement au nombre de voix qu’il peut apporter.
Elle se mesure aussi à sa capacité à organiser.
À produire du savoir.
À investir des lieux.
À financer des structures.
À imposer des thèmes.
À déplacer des regards.
À construire des solidarités.
À rendre certaines politiques coûteuses politiquement, socialement ou symboliquement.
Le rapport de force dont nous avons besoin ne pourra donc pas être fabriqué exclusivement dans la relation bilatérale entre « électorat musulman » et LFI. Il doit être construit ailleurs. Dans les associations. Dans les organisations de quartiers. Dans les collectifs militants. Dans les syndicats, les médias, les municipalités.
Voilà la part du travail politique que l’institution ne fera jamais à notre place, parce la politique institutionnelle ne peut déborder par sa seule bonne volonté supposée, son cadre, celui là même qui produit cette violence : l’État racial.
Différer une conquête n’est pas un signer un chèque en blanc.
Une différence essentielle subsiste entre ne pas exiger aujourd’hui l’abrogation de 2004 comme engagement présidentiel et laisser la question musulmane disparaître politiquement.
Le premier peut relever de la tactique. Le second serait une reddition.
Il faut donc maintenir un seuil minimal de crédibilité. Opposition ferme aux nouvelles interdictions visant le voile. Refus des dispositifs administratifs d’exception. Défense des associations musulmanes contre l’arbitraire. Maintien de l’islamophobie comme objet politique autonome. Politique sérieuse contre les violences policières et les violences administratives.
Le compromis peut alors se formuler autrement :
Vous estimez que promettre aujourd’hui l’abrogation de 2004 menace la possibilité même d’accéder au pouvoir ?
Nous pouvons entendre ce calcul.
Mais notre silence tactique n’est pas une autorisation à reculer. Différer une conquête n’oblige jamais à accepter la régression. Ce n’est pas une négociation. C’est une trajectoire commune. LFI ne peut pas gagner en 2027 sans nos voix, sans nos relais, sans nos quartiers mobilisés. Et nous ne pouvons pas construire notre force si un gouvernement hostile ferme, un par un, les espaces où cette force se fabrique. Il n’y a pas d’un côté leur victoire, de l’autre notre autonomie. Il y a une seule partie, et nous la jouons ensemble : soit LFI gagne et nous gagnons du terrain avec elle, soit LFI perd et nous perdons, tous, le peu de terrain qu’il nous restait.
Pour autant, la crainte d’un nouvel abandon n’a absolument rien de fantasmatique. LFI ne peut pas davantage considérer le vote musulman comme indéfiniment captif. Nous sommes donc sur le fil du rasoir : le compromis tactique ne doit jamais contaminer la doctrine, pas plus que l’intransigeance doctrinale ne doit aveugler la stratégie. D’où la nécessaire distinction entre trois niveaux.
Le programme présidentiel : ce que le rapport de force électoral permet d’inscrire aujourd’hui dans une campagne destinée à gagner.
La doctrine politique : ce que nous continuons de considérer comme juste même lorsque les conditions ne permettent pas encore de le transformer en engagement électoral immédiat.
La puissance autonome : ce que nous construisons pour modifier demain le rapport de force qui rend aujourd’hui cette conquête impossible.
La confusion entre ces trois niveaux produit soit le renoncement, soit la pression sans avoir les moyens de l’exercer au risque de tous se retrouver dans le ravin. Or, la culture militante dominante traite encore l’intransigeance comme une stratégie en soi. Nous savons qu’une revendication est juste. Nous en concluons qu’elle doit nécessairement être portée immédiatement, avec la même intensité, quel que soit le moment, parce que l’injustice est insupportable. Soit.
Pourtant une stratégie politique se forme justement lorsque plusieurs objectifs légitimes entrent en collision. L’abrogation de 2004 est juste. Empêcher l’arrivée au pouvoir d’une force fasciste l’est également. Préserver les conditions matérielles permettant demain d’organiser, manifester, publier, construire des contre-pouvoirs l’est tout autant. Le désaccord ne porte donc pas nécessairement sur les fins. Il porte sur leur séquençage.
Bouteldja formule cette idée très clairement : l’étape actuelle pourrait nécessiter de sécuriser d’abord les conditions permettant à la lutte de continuer, parce qu’un durcissement fasciste ne radicalise pas mécaniquement les populations ; au contraire, il désorganise les solidarités et détruit les conditions matérielles de la résistance. C’est exactement ce que l’histoire devrait nous avoir appris. Croire qu’une victoire du RN provoquerait automatiquement une immense mobilisation antiraciste serait une nouvelle version du même récit illusoire.
Les peuples ne deviennent pas héroïques parce que la situation l’exige. Une population déjà fragmentée, précarisée, surveillée, politisée de manière inégale, largement abstentionniste et méfiante envers les institutions ne se transforme pas spontanément en force historique parce que son ennemi prend le pouvoir. Le durcissement produira l’inverse. Plus de peur. Plus de repli. Plus de stratégies individuelles de survie. Plus de fragmentation. Moins d’espaces collectifs. Moins de ressources. Moins d’organisations capables d’encaisser la répression.
Pour rendre l’islamophobie coûteuse politiquement, il faut la sortir de la seule « question musulmane »
L’intensité de l’islamophobie en France enferme les musulmans dans une équation politique d’apparence insoluble. Comme « électorat musulman », ils sont pris en otage : indispensables à la victoire de la gauche, insuffisamment puissants pour rendre coûteux l’abandon de leurs revendications.
Le rapport de force change lorsque ces revendications cessent d’être politiquement isolées.
Islamophobie. Quartiers populaires. Violences policières, judiciaires et pénitentiaires. Répression politique. Dissolutions administratives. Impérialisme. Palestine. Libertés publiques. État de droit.
Pour beaucoup, ces objets ne semblent pas en apparence reliés. Ils font pourtant partie d’un même continuum autoritaire : produire certaines populations comme problèmes, légitimer contre elles l’exception, banaliser les instruments forgés pour les contrôler, puis étendre progressivement leur usage.
Les musulmans occupent aujourd’hui une position centrale dans une partie de la rhétorique raciste et fascisante française. Cette place les affaiblit politiquement. Elle leur donne également accès, avant beaucoup d’autres, à une connaissance concrète de ce que devient l’État.
Le déplacement stratégique consiste donc à dire deux choses simultanément.
L’islamophobie doit rester nommée comme telle. La dissoudre dans un vague discours sur les libertés publiques reproduirait son invisibilisation. Mais ce qui est expérimenté sur les musulmans doit devenir un problème politique pour tous.
Le déplacement de la focale est indispensable. Il nous faut dire “regardez ce que l’État apprend à faire sur une population qu’il vous a appris à ne plus défendre. Vous vivrez demain avec les pouvoirs que vous l’avez autorisé à normaliser aujourd’hui.
Il n’y a qu’ainsi que notre position minoritaire peut commencer à produire un bloc beaucoup plus large.
Accepter notre faiblesse aujourd’hui pour pouvoir la détruire demain.
Il existe une brutalité nécessaire dans toute stratégie sérieuse. Nous ne sommes pas aujourd’hui en mesure d’imposer tout ce que nous considérons juste. Cette phrase est désagréable mais vaut mieux qu’un rapport de force imaginaire.
Refuser de reconnaître notre faiblesse actuelle ne nous rend pas plus forts. Cela risque même de nous pousser à confondre la fermeté verbale avec la construction effective de ce rapport de force tant attendu.
Le choix posé par Bouteldja n’est donc pas entre dignité et capitulation. Il est entre deux manières d’utiliser une force limitée.
L’électorat musulman est toujours une variable d’ajustement. Il ne doit plus le rester. Voilà finalement le problème politique véritable.
LFI n’est ni notre sauveur ni notre ennemi principal, mais notre meilleur ennemi, celui que nous nous choisissons.
LFI constitue, dans cette séquence, un véhicule institutionnel possible pour ouvrir une brèche dans un ordre beaucoup plus hostile.
L’utiliser n’implique aucun serment d’allégeance. Lui demander d’être davantage qu’un véhicule serait tout aussi problématique. Notre tâche consiste à construire suffisamment de puissance hors d’elle pour pouvoir, selon les moments, l’aider, la pousser, la contourner, la combattre ou nous passer d’elle.
C’est exactement là que le refus catégorique de toute suspension de l’exigence de 2004 atteint sa limite. Il pense défendre l’autonomie. Il risque de réduire tout le problème stratégique à une relation avec LFI.
L’autonomie véritable adviendra vraiment lorsque LFI cessera d’être le centre de notre monde politique. La présidentielle de 2027 est une bataille. Elle n’est pas notre horizon. Voter n’est alors qu’une tâche dans une division du travail politique beaucoup plus vaste.
À LFI, la conquête du pouvoir. Aux forces autonomes, la construction du contre-pouvoir. Car pour pouvoir continuer à lutter demain, il faut d’abord empêcher que disparaissent aujourd’hui les conditions mêmes de la lutte.

